La synagogue de Tunis par Freddy GALULA...

 

La synagogue de Tunis
Histoire


L'initiative de sa construction, destinée à remplacer la synagogue du quartier juif de la Hara, revient au baron Giacomo Di Castelnuovo.


Ce médecin, explorateur et diplomate issu de la communauté des Granas souhaitait construire un temple commun aux Granas et aux Twânsa, les deux branches du judaïsme tunisien.


Dans les années 1870, il réclame à Sadok Bey un terrain qui est offert en 18832. Cependant, l'emplacement actuel est le résultat d'une donation de Daniel Iffla dit Osiris ; ce dernier souhaite en effet faire construire un édifice par son architecte sur un terrain fourni par la communauté, qui doit prendre en charge les procédures et autorisations administratives.


À sa mort en 1907, Osiris lègue sa fortune à l'Institut Pasteur de Tunis, contraint par son testament d'acquérir le terrain offert sur la place Garibaldi qui se révèle toutefois insalubre3. Revendu, il est remplacé par un terrain au numéro 100 de l'avenue de Paris, l'actuelle avenue de la Liberté.
Un premier projet de style romano-byzantin est présenté le 31 mars 1909 mais le coût élevé et le peu d'enthousiasme suscité condamne ce projet ; il est vite remplacé par une nouvelle version à l'issue d'un concours en 1911 : le jury retient unanimement celle d'un jeune architecte, Victor Valensi, alliant des formes orientales et des structures et matériaux comme le béton2.

Mise en travaux en juin 1933, elle est ouverte en décembre 19384. Durant l'occupation de la Tunisie par les forces de l'Axe, de novembre 1942 à mars 1943, le bâtiment est investi par les soldats allemands venus arrêter les dirigeants de la communauté2. En 1967, dans le contexte de la guerre des Six Jours, il est saccagé par des émeutiers2. Restauré en 1996 puis en 2007, sur intervention du président Zine el-Abidine Ben Ali, il est gardé par la police municipale et reste parfois ouvert aux visiteurs4 même si les célébrations y sont rares.


La construction de la synagogue fut achevée le 23 décembre 1938, après plus de cinq ans de travaux (depuis le 11 juin 1933) et presque un demi-siècle de rebondissements qui ont jalonné l'existence du projet.
L'initiative de sa construction revient au baron Giacomo Castelnuovo, un aristocrate juif italien, soucieux du sort réservé à ses coreligieux, qui, dans les années 1870, s'échina à convaincre le bey Muhammad As-Sadeq d'offrir à la communauté israélite de Tunis, un terrain sur lequel elle pourrait faire construire une synagogue unifiant Grana et Touansa, les deux branches du judaïsme tunisien, différenciées selon leur origine livournaise ou autochtone .


Le terrain donné par le bey en 1879 situé aux abords de la gare des chemins de fer français est trop éloigné des quartiers juifs de la Hara et du Nord de la ville. Le terrain est vendu et l'on en acquiert un autre, place Garibaldi. Un philantrope juif français, Daniel Osiris, promet alors de financer les travaux mais meurt avant d'avoir tenu parole.


Il faut alors toute la persuasion de Mardocché Raccah, une personnalité éminente de la communauté de Tunis, pour convaincre l'Institut Pasteur de Paris, héritier de Osiris, de prélever sur l'héritage la somme promise. L'argent en poche, les travaux peuvent commencer.
Là, une nouvelle surprise surgit : les nappes d'eau souterraines rendaient le terrain inconstructible.
On décide donc de le revendre pour en acheter un autre, avenue de Paris, en plein centre de la ville moderne.


La grande synagogue de l'avenue de la Liberté est inaugurée en présence de représentants du gouvernement français et de l'autorité beylicale.

DOC FREDDY GALULA

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